Le Mur des Noms

Situé en contrebas du Mémorial Alsace-Moselle, ce monument mémoriel, dont l'ouverture est prévue en septembre, est destiné à rendre hommage aux victimes alsaciennes et mosellanes portées disparues ou décédées lors de la Seconde Guerre mondiale.

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Crédit : Benoît ZEIMETT Architecte

Issu d’un travail de recherche historique, ce lieu de mémoire rassemble les noms des victimes de persécutions nazies et de la Seconde Guerre mondiale. On distingue plus d’une dizaine de catégories : Nombre d’entre elles présentent des parcours complexes qui s’inscrivent dans plusieurs de ces catégories.

  • Incorporés de force
  • Soldats français
  • Résistants
  • Déportés
  • Juifs
  • Homosexuels
  • Nomades et Tsiganes
  • Malades psychiatriques
  • Témoins de Jéhovah
  • Victimes civiles

Le dispositif numérique et interactif du monument permet d’explorer des parcours individuels, des archives et des témoignages retraçant le destin des Alsaciens et Mosellans victimes de la Seconde Guerre mondiale.

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Podcast « Entre nuit et lumière »

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Sous la forme d’un podcast composé de dix épisodes, retrouvez le parcours de Lucien, Suzanne, de la famille Moszkowicz, d’Hélène, de Joseph, les frères Merling ou encore Robert, tous victimes de la Seconde Guerre mondiale.

Retrouvez ci-dessous le communiqué de presse rédigé par la Région Grand Est en date du 25 novembre 2025.

Robert_GSTALTER

Printemps 1942. Robert Gstalter, un ouvrier de 30 ans qui travaille dans les vignes, passe quelques jours de congés à Soultz, dans le Haut-Rhin. L’auberge où il séjourne est tenue par un homme avec qui Robert a des relations sexuelles. Bientôt des bruits courent à ce sujet et la police allemande intervient. Comme les relations entre hommes sont pénalisées par les nazis, Robert est emprisonné et soumis à une longue enquête.

Cet épisode d’« Entre Nuit et Lumière » est consacré à la répression homosexuelle en Alsace et en Moselle annexées, qui a fait une vingtaine de morts. Le parcours de Robert Gstalter est reconstitué sur la base d’un riche dossier d’instruction. Cette source de premier plan permet d’interroger les fondements juridiques et idéologiques de la répression. Mais ce dossier donne aussi à entendre la voix de Robert, interrogé sans relâche par des experts, des médecins, des policiers. En regard de l’histoire, la mémoire se fait jour : les élèves du lycée Marc Bloch de  Bischheim, en Alsace, témoignent du travail collectif qui a abouti en 2025 à la pose de Stolpersteine pour deux victimes de la répression homosexuelle à Strasbourg.

Un épisode réalisé par Maud de Carpentier, réalisé par Anna Buy. Avec les interventions de Frédéric Stroh, historien associé à l’Université de Strasbourg, spécialiste de l’Alsace annexée et de la répression nazie de l’homosexualité, et de deux élèves du lycée Marc Bloch de Bischheim ayant participé, avec leur classe, à la pose de Stolpersteine en mémoire d’un couple d’hommes persécuté pendant la Seconde Guerre mondiale.

Robert Gstalter

Né : 09/08/1912, Soultz-Haut-Rhin (68) – France

Mort : 11/03/1944, KL Mittelbau-Dora (Allemagne)

Depuis les années 1930, les témoins de Jéhovah sont persécutés et réprimés par les nazis en Allemagne. Les enfants sont envoyés en maison de correction. Les adultes sont déportés en camps de concentration où ils portent le triangle violet. Les hommes sont jugés par les tribunaux militaires quand ils refusent de faire leur service militaire. Tout un arsenal est mis en place pour les contraindre à renoncer à leur foi, qu’Hitler juge à l’opposé de l’idéologie nationale-socialiste. Dans l’Alsace et la Moselle annexées de fait, cette situation se perpétue. La petite communauté, qui compte une dizaine d’assemblées locales, est soumise à la clandestinité. Tout le monde sait ce qu’il se passe en Allemagne. Pourtant, les voix continuent de s’élever contre le nazisme.

Cette histoire largement méconnue est retracée dans ce sixième épisode d’« entre Nuit et Lumière », consacré aux frères Charles et Henri Merling, témoins de Jéhovah alsaciens. Au cœur de cet épisode sont interrogées les multiples facettes de la résistance au nazisme, de l’incorporation de force et des persécutions pour motif religieux.

Un épisode réalisé par Stéphanie Wenger, réalisé par Anna Buy. Avec les interventions de l’historienne Ilse Hilbold, coordinatrice scientifique du Mur des Noms, de Laurent Smolarek, président du Centre Européen des Témoins de Jéhovah Anciens Déportés (CETJAD) et de Sylvain Thirion, chargé de projet au CETJAD.

Freres_MERLING

Joseph_SCHLIENGER

Joseph Henri Schlienger a 24 ans quand, en septembre 1939, la France déclare la guerre à l’Allemagne et lance la mobilisation générale. Fort de son diplôme de commandant d’avion obtenu quelques mois plus tôt, ce jeune Haut-Rhinois est intégré à la 54e escadre aérienne. De 1939 à 1944, des Ardennes à la Sardaigne, en passant par l’Algérie, Joseph Schlienger connaît plusieurs changements de commandement et d’appartenance militaire. Quelles sont les répercussions de l’armistice de juin 1940 ou celles de la création de l’Armée française de la Libération en 1943 sur ses missions d’aviateur ?

Grâce aux archives, cet épisode permet de découvrir le parcours extraordinaire de Joseph Schlienger, dit Henri Ray, mort comme 4 000 autres Alsaciens et Mosellans, sous uniforme français.

Son épouse et son fils de quatre ans et demi, Michel, vivent à Oran lorsque des gendarmes viennent leur annoncer, en mars 1944, sa disparition. Les mots de « disparus en mer » et l’absence d’informations concrètes sèment le doute quant à la réalité de sa mort… Le silence s’installe alors dans la famille. Ce n’est que 75 ans plus tard, à la suite de recherches faites sur l’épave d’un membre de la même escadrille, un certain Antoine de Saint-Exupéry, que Michel trouvera des réponses et de l’apaisement. Sa parole a été recueillie à l’occasion de cet épisode. Ses mots traduisent son besoin de comprendre la vie de son père et de partager ses souvenirs. 

Un épisode écrit et enregistré par Maud de Carpentier, réalisé par Anna Buy. Avec les interventions de l’historienne Frédérique Neau-Dufour, spécialiste de la Seconde Guerre mondiale et responsable de la politique mémorielle à la Région Grand Est, et de Michel Schlienger, fils de Joseph Schlienger. 

Sur une de ses photographies anthropométriques, Hélène Faller regarde l’objectif d’un air étonné. Ce document produit par la police témoigne des persécutions qu’elle a subies en tant que Yéniche. Contrôlées par la IIIe République avant la Seconde Guerre mondiale, déconsidérées par les autres citoyens, les communautés itinérantes de France connaissent à partir de 1940 la politique « anti-nomade » du régime de Vichy et les mesures « anti-tsiganes » des nazis en zone annexée.

Née en Alsace, Hélène est tour à tour la cible de ces persécutions. Comment raconter cette histoire méconnue et peu documentée ? Pourquoi certaines histoires ne sont-elles pas transmises ? En s’appuyant sur les recherches récentes des historiens et le travail d’associations mémorielles, cet épisode part sur les traces mouvantes d’Hélène Faller, une femme parmi les 60 Alsaciens et Mosellans nomades morts à cause de la guerre. 

Un épisode réalisé par Maud de Carpentier et Stéphanie Wenger, avec les interventions de Théophile Leroy, historien des persécutions des Manouches, Sinti et Yéniches du Rhin entre 1938 et 1946, et de Marie-Reine Haug d’Appona 68, présidente de l’association pour la promotion des populations d’origine nomade d’Alsace et d’Elisabeth Florentin, directrice d’Appona 68. Les musiques yéniches sont interprétées par Mano Trapp.

Helene_FALLER

Famille MOSZKOWICZ

Pour les Moszkowicz, la solidarité familiale est primordiale pour tenir bon face aux aléas de l’histoire. C’est tous ensemble qu’ils décident de partir de leur Pologne natale à la fin des années 1920 pour fuir un antisémitisme meurtrier. Les voici installés à Metz, où une importante communauté juive est déjà implantée. En 1939, la famille compte 11 enfants. Elle est prospère et bien intégrée.

La guerre fait voler cette réalité en éclat. Comme des milliers d’autres Mosellans, ils prennent la direction de Bordeaux. Mais, en zone occupée, ils sont touchés par les lois antisémites promulguées par le régime de collaboration, et plusieurs des enfants sont, en décembre 1940, internés au camp de La Lande, près de Tours.

Que deviennent parents et enfants lorsqu’ils sont séparés par l’internement et les rafles ? Que sait-on de la déportation de six d’entre eux ? De la recherche d’un havre de paix en Moselle à l’enfer d’Auschwitz-Birkenau, cet épisode décrit le sort tragique d’une famille amputée et la mémoire douloureuse qu’elle laisse en héritage.

Un épisode réalisé par Maud de Carpentier et Stéphanie Wenger, avec les interventions de Jean-Marc Dreyfus, historien de la Shoah, et de Laurence Aisène, descendante Moszkowicz.

La Seconde Guerre mondiale a fait près de 7 000 victimes civiles en Alsace et Moselle. La jeune Suzanne Blaise est l’une d’elles. En 1943 et à peine 16 ans, elle quitte sa famille et la campagne pour aller travailler à la clinique strasbourgeoise de Bethesda. La capitale alsacienne est alors un haut lieu du pouvoir nazi. À quoi ressemble la vie de cette jeune femme protestante en Alsace annexée ? Comment supporte-elle le manque de nourriture et les bombardements de plus en plus fréquents ? Ses lettres à sa famille nous laissent deviner ses angoisses mais aussi son dévouement pour les malades auprès de qui elle décide de rester. Plus de 80 ans plus tard, son neveu témoigne de la façon dont la famille Blaise essaie encore aujourd’hui de donner un sens à cette mort soudaine et violente sous les bombardements alliés du 25 septembre 1944.

Un épisode écrit et enregistré par Maud de Carpentier, réalisé par Anna Buy. Avec les interventions de l’archéologue Ludwig Diot, spécialiste des vestiges de la défense passive datant de la Seconde Guerre mondiale dans l’agglomération strasbourgeoise, et de Marc Blaise, neveu de Suzanne Blaise.

Suzanne_BLAISE

Lucien_RISSER

Lucien Risser, un jeune Haut-Rhinois père de trois enfants, est envoyé en 1943 sur le front Est, revêtu d’un uniforme allemand. Comme 130 000 Alsaciens et Mosellans enrôlés de force, il est ce que l’on appelle communément un « Malgré-Nous ».

À la Libération, sans nouvelle de lui, son épouse Hélène Risser se démène pour retrouver sa trace : écrire aux ministères, chercher des témoignages de camarades du front… Plusieurs années s’écoulent avant qu’elle n’obtienne l’acte officiel de son décès. Dans de telles circonstances, faire son deuil est difficile. Plus de 80 ans après, leur petit-fils poursuit cette quête et porte la mémoire de Lucien au-delà de la sphère familiale.

À travers le cas singulier de Lucien et de sa famille, c’est le sort des 30 000 incorporés de force alsaciens ou mosellans disparus pendant la Seconde Guerre mondiale qui transparaît. Leur histoire est européenne, puisque des dizaines de milliers d’autres femmes et hommes ont subi le même sort dans les autres pays annexés par le IIIe Reich.

Un épisode écrit et enregistré par Stéphanie Wenger, réalisé par Anna Buy. Avec les interventions de Frédéric Stroh, historien de l’annexion de fait de l’Alsace, et d’Alfred Thomas, petit-fils de Lucien Risser.