Le Mur des Noms

Un lieu de mémoire dédié aux Alsaciens et Mosellans, victimes des persécutions nazies et de la Seconde Guerre mondiale.

Ouvert en 2026 par la Région Grand Est, avec le soutien du ministère des Armées et du programme FEDER/Europe,  le Mur des Noms est un monument en hommage aux victimes alsaciennes et mosellanes de la Seconde Guerre mondiale.

Situé à Schirmeck en contrebas du Mémorial Alsace-Moselle et à une dizaine de kilomètres du Mémorial Natzweiler-Struthof, le Mur des Noms s’inscrit dans un territoire au maillage mémoriel particulièrement fort. Ce bâtiment à l’architecture épurée, conçu par Benoît Zeimett, honore près de 44 000 femmes et hommes d’Alsace et de Moselle morts à cause de la Seconde Guerre mondiale.

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Crédit : Région Grand Est / Christophe Manquillet 

Qu’ils soient incorporés de force, combattants sous uniforme français, victimes civiles, résistants, ou qu’ils aient été persécutés par le régime de Vichy ou les nazis en tant que juifs, témoins de Jéhovah, nomades et tsiganes, homosexuels ou encore malades psychiatriques, tous leurs destins sont mis en lumière au sein de ce monument unique en son genre.

Ils sont également répertoriés dans la base de données en ligne.

Le Mur des Noms invite à se recueillir, à comprendre et à saisir la singularité historique de ces territoires annexés de fait. Entièrement numérique, il est appelé à s’enrichir constamment pour s’adapter aux avancées de la recherche scientifique et aux apports des descendants. Ce monument participatif est donc, aussi, un outil au service de la pédagogie et de la citoyenneté.

Le Mur des Noms invite à se recueillir, à comprendre et à saisir la singularité historique de ces territoires annexés de fait. 

Entièrement numérique, il est appelé à s’enrichir constamment pour s’adapter aux avancées de la recherche scientifique et aux apports des descendants. Ce monument participatif est donc, aussi, un outil au service de la pédagogie et de la citoyenneté.

Pour toute demande ou ajout dans la base de données, envoyez un mail à memoires@grandest.fr.

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« Entre nuit et lumière », le podcast du Mur des Noms

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Ce podcast proposé par la Région Grand Est a été écrit et réalisé par Maud de Carpentier, Stéphanie Wenger et Anna Buy, produit par Making Waves, en partenariat avec le Mémorial Alsace-Moselle et l’INA, avec l’appui du Mémorial de la Shoah, des Cinémathèques du Grand Est (Image’Est et Mira), du Mémorial du camp de concentration de Natzweiler-Struthof, de la Bibliothèque nationale et universitaire de Strasbourg, du Jardin des Sciences de l’Université de Strasbourg, de la Bibliothèque universitaire du Saulcy à Metz et « Science avec et pour la société » de l’Université de Lorraine. 

Retrouvez ci-dessous le communiqué de presse rédigé par la Région Grand Est en date du 25 novembre 2025.


En 1944, Pierrine Fiani est mère d’un petit garçon âgé d’à peine un an et travaille depuis quelques mois à l’usine Hobus-Werke, à Woippy, en Moselle annexée. Son poste consiste à contrôler les vis et les boulons destinés à la construction des avions. En août, elle est arrêtée pour faits de résistance, remise aux autorités nazies puis incarcérée à Metz.  À l’approche des troupes alliées, elle est libérée après cinq mois de détention. Marquée physiquement et psychologiquement, elle décède quelques mois plus tard, en janvier 1945. Elle n’est âgée que de 17 ans. 

Que sait-on de Pierrine Fiani ? Qu’est-ce qui la pousse à commettre des actes de sabotage au sein de l’usine ?  De sa vie ne subsistent que deux photos, aucun autre document personnel. Mais son frère a œuvré pour conserver sa mémoire. Il a réuni des témoignages d’autres ouvrières ou prisonnières, ainsi que les documents administratifs, afin que l’Etat lui attribue le titre d’«interné résistant» et la mention «Mort pour la France». Comment expliquer que cette reconnaissance n’arrive qu’en 2019 ? 

Le récit de la vie de cette jeune Mosellane met en lumière une résistance peu connue : celle de femmes qui ont agi de façon isolée, à leurs risques et périls.  

Pierrine Fiani 

Naissance : 20/07/1927, Rosselange, Moselle. 

Mort : 21/01/1945, Rosselange, Moselle 

Pierrine_FIANI

Robert_GSTALTER

Printemps 1942. Robert Gstalter, un ouvrier de 30 ans qui travaille dans les vignes, passe quelques jours de congés à Soultz, dans le Haut-Rhin. L’auberge où il séjourne est tenue par un homme avec qui Robert a des relations sexuelles. Bientôt des bruits courent à ce sujet et la police allemande intervient. Comme les relations entre hommes sont pénalisées par les nazis, Robert est emprisonné et soumis à une longue enquête.

Cet épisode d’« Entre Nuit et Lumière » est consacré à la répression homosexuelle en Alsace et en Moselle annexées, qui a fait une vingtaine de morts. Le parcours de Robert Gstalter est reconstitué sur la base d’un riche dossier d’instruction. Cette source de premier plan permet d’interroger les fondements juridiques et idéologiques de la répression. Mais ce dossier donne aussi à entendre la voix de Robert, interrogé sans relâche par des experts, des médecins, des policiers. En regard de l’histoire, la mémoire se fait jour : les élèves du lycée Marc Bloch de  Bischheim, en Alsace, témoignent du travail collectif qui a abouti en 2025 à la pose de Stolpersteine pour deux victimes de la répression homosexuelle à Strasbourg.

Un épisode réalisé par Maud de Carpentier, réalisé par Anna Buy. Avec les interventions de Frédéric Stroh, historien associé à l’Université de Strasbourg, spécialiste de l’Alsace annexée et de la répression nazie de l’homosexualité, et de deux élèves du lycée Marc Bloch de Bischheim ayant participé, avec leur classe, à la pose de Stolpersteine en mémoire d’un couple d’hommes persécuté pendant la Seconde Guerre mondiale.

Robert Gstalter

Né : 09/08/1912, Soultz-Haut-Rhin (68) – France

Mort : 11/03/1944, KL Mittelbau-Dora (Allemagne)

Depuis les années 1930, les témoins de Jéhovah sont persécutés et réprimés par les nazis en Allemagne. Les enfants sont envoyés en maison de correction. Les adultes sont déportés en camps de concentration où ils portent le triangle violet. Les hommes sont jugés par les tribunaux militaires quand ils refusent de faire leur service militaire. Tout un arsenal est mis en place pour les contraindre à renoncer à leur foi, qu’Hitler juge à l’opposé de l’idéologie nationale-socialiste. Dans l’Alsace et la Moselle annexées de fait, cette situation se perpétue. La petite communauté, qui compte une dizaine d’assemblées locales, est soumise à la clandestinité. Tout le monde sait ce qu’il se passe en Allemagne. Pourtant, les voix continuent de s’élever contre le nazisme.

Cette histoire largement méconnue est retracée dans ce sixième épisode d’« entre Nuit et Lumière », consacré aux frères Charles et Henri Merling, témoins de Jéhovah alsaciens. Au cœur de cet épisode sont interrogées les multiples facettes de la résistance au nazisme, de l’incorporation de force et des persécutions pour motif religieux.

Un épisode réalisé par Stéphanie Wenger, réalisé par Anna Buy. Avec les interventions de l’historienne Ilse Hilbold, coordinatrice scientifique du Mur des Noms, de Laurent Smolarek, président du Centre Européen des Témoins de Jéhovah Anciens Déportés (CETJAD) et de Sylvain Thirion, chargé de projet au CETJAD.

Freres_MERLING

Joseph_SCHLIENGER

Joseph Henri Schlienger a 24 ans quand, en septembre 1939, la France déclare la guerre à l’Allemagne et lance la mobilisation générale. Fort de son diplôme de commandant d’avion obtenu quelques mois plus tôt, ce jeune Haut-Rhinois est intégré à la 54e escadre aérienne. De 1939 à 1944, des Ardennes à la Sardaigne, en passant par l’Algérie, Joseph Schlienger connaît plusieurs changements de commandement et d’appartenance militaire. Quelles sont les répercussions de l’armistice de juin 1940 ou celles de la création de l’Armée française de la Libération en 1943 sur ses missions d’aviateur ?

Grâce aux archives, cet épisode permet de découvrir le parcours extraordinaire de Joseph Schlienger, dit Henri Ray, mort comme 4 000 autres Alsaciens et Mosellans, sous uniforme français.

Son épouse et son fils de quatre ans et demi, Michel, vivent à Oran lorsque des gendarmes viennent leur annoncer, en mars 1944, sa disparition. Les mots de « disparus en mer » et l’absence d’informations concrètes sèment le doute quant à la réalité de sa mort… Le silence s’installe alors dans la famille. Ce n’est que 75 ans plus tard, à la suite de recherches faites sur l’épave d’un membre de la même escadrille, un certain Antoine de Saint-Exupéry, que Michel trouvera des réponses et de l’apaisement. Sa parole a été recueillie à l’occasion de cet épisode. Ses mots traduisent son besoin de comprendre la vie de son père et de partager ses souvenirs. 

Un épisode écrit et enregistré par Maud de Carpentier, réalisé par Anna Buy. Avec les interventions de l’historienne Frédérique Neau-Dufour, spécialiste de la Seconde Guerre mondiale et responsable de la politique mémorielle à la Région Grand Est, et de Michel Schlienger, fils de Joseph Schlienger. 

Sur une de ses photographies anthropométriques, Hélène Faller regarde l’objectif d’un air étonné. Ce document produit par la police témoigne des persécutions qu’elle a subies en tant que Yéniche. Contrôlées par la IIIe République avant la Seconde Guerre mondiale, déconsidérées par les autres citoyens, les communautés itinérantes de France connaissent à partir de 1940 la politique « anti-nomade » du régime de Vichy et les mesures « anti-tsiganes » des nazis en zone annexée.

Née en Alsace, Hélène est tour à tour la cible de ces persécutions. Comment raconter cette histoire méconnue et peu documentée ? Pourquoi certaines histoires ne sont-elles pas transmises ? En s’appuyant sur les recherches récentes des historiens et le travail d’associations mémorielles, cet épisode part sur les traces mouvantes d’Hélène Faller, une femme parmi les 60 Alsaciens et Mosellans nomades morts à cause de la guerre. 

Un épisode réalisé par Maud de Carpentier et Stéphanie Wenger, avec les interventions de Théophile Leroy, historien des persécutions des Manouches, Sinti et Yéniches du Rhin entre 1938 et 1946, et de Marie-Reine Haug d’Appona 68, présidente de l’association pour la promotion des populations d’origine nomade d’Alsace et d’Elisabeth Florentin, directrice d’Appona 68. Les musiques yéniches sont interprétées par Mano Trapp.

Helene_FALLER

Famille MOSZKOWICZ

Pour les Moszkowicz, la solidarité familiale est primordiale pour tenir bon face aux aléas de l’histoire. C’est tous ensemble qu’ils décident de partir de leur Pologne natale à la fin des années 1920 pour fuir un antisémitisme meurtrier. Les voici installés à Metz, où une importante communauté juive est déjà implantée. En 1939, la famille compte 11 enfants. Elle est prospère et bien intégrée.

La guerre fait voler cette réalité en éclat. Comme des milliers d’autres Mosellans, ils prennent la direction de Bordeaux. Mais, en zone occupée, ils sont touchés par les lois antisémites promulguées par le régime de collaboration, et plusieurs des enfants sont, en décembre 1940, internés au camp de La Lande, près de Tours.

Que deviennent parents et enfants lorsqu’ils sont séparés par l’internement et les rafles ? Que sait-on de la déportation de six d’entre eux ? De la recherche d’un havre de paix en Moselle à l’enfer d’Auschwitz-Birkenau, cet épisode décrit le sort tragique d’une famille amputée et la mémoire douloureuse qu’elle laisse en héritage.

Un épisode réalisé par Maud de Carpentier et Stéphanie Wenger, avec les interventions de Jean-Marc Dreyfus, historien de la Shoah, et de Laurence Aisène, descendante Moszkowicz.

La Seconde Guerre mondiale a fait près de 7 000 victimes civiles en Alsace et Moselle. La jeune Suzanne Blaise est l’une d’elles. En 1943 et à peine 16 ans, elle quitte sa famille et la campagne pour aller travailler à la clinique strasbourgeoise de Bethesda. La capitale alsacienne est alors un haut lieu du pouvoir nazi. À quoi ressemble la vie de cette jeune femme protestante en Alsace annexée ? Comment supporte-elle le manque de nourriture et les bombardements de plus en plus fréquents ? Ses lettres à sa famille nous laissent deviner ses angoisses mais aussi son dévouement pour les malades auprès de qui elle décide de rester. Plus de 80 ans plus tard, son neveu témoigne de la façon dont la famille Blaise essaie encore aujourd’hui de donner un sens à cette mort soudaine et violente sous les bombardements alliés du 25 septembre 1944.

Un épisode écrit et enregistré par Maud de Carpentier, réalisé par Anna Buy. Avec les interventions de l’archéologue Ludwig Diot, spécialiste des vestiges de la défense passive datant de la Seconde Guerre mondiale dans l’agglomération strasbourgeoise, et de Marc Blaise, neveu de Suzanne Blaise.

Suzanne_BLAISE

Lucien_RISSER

Lucien Risser, un jeune Haut-Rhinois père de trois enfants, est envoyé en 1943 sur le front Est, revêtu d’un uniforme allemand. Comme 130 000 Alsaciens et Mosellans enrôlés de force, il est ce que l’on appelle communément un « Malgré-Nous ».

À la Libération, sans nouvelle de lui, son épouse Hélène Risser se démène pour retrouver sa trace : écrire aux ministères, chercher des témoignages de camarades du front… Plusieurs années s’écoulent avant qu’elle n’obtienne l’acte officiel de son décès. Dans de telles circonstances, faire son deuil est difficile. Plus de 80 ans après, leur petit-fils poursuit cette quête et porte la mémoire de Lucien au-delà de la sphère familiale.

À travers le cas singulier de Lucien et de sa famille, c’est le sort des 30 000 incorporés de force alsaciens ou mosellans disparus pendant la Seconde Guerre mondiale qui transparaît. Leur histoire est européenne, puisque des dizaines de milliers d’autres femmes et hommes ont subi le même sort dans les autres pays annexés par le IIIe Reich.

Un épisode écrit et enregistré par Stéphanie Wenger, réalisé par Anna Buy. Avec les interventions de Frédéric Stroh, historien de l’annexion de fait de l’Alsace, et d’Alfred Thomas, petit-fils de Lucien Risser.